La Marraine de Quimper
Dès 1941, Méheut me présente à Marie Urvoy à Douarnenez chez qui je ferai de fréquents séjours. Il me met aussi en relation avec la famille Gantier de Quimper. Marguerite Gantier une femme cultivée et une pianiste de talent. Terriblement handicapée par l'arthrite, elle marche en s'aidant avec deux cannes. Elle sympathise tout de suite avec moi et devient ma « marraine », une personne à qui je peux confier librement mes pensées, mes interrogations et mes doutes. Elle me fait découvrir ses admirables collections de meubles, d'assiettes, de peintures et de céramiques. Sa bibliothèque est un monde. Elle est une amie de Colette, Max Jacob, Richepin et tant d'autres artistes qui me sont alors totalement inconnus. Elle a connu les peintres de l'école de Pont-Aven et elle m'ouvre des perspectives sur l'art que je ne saisirai que beaucoup plus tard. C'est une femme de tête, son frère, Auguste est arrêté, accusé de « résistance » et déporté au camp de Buchenwald, où il mourra d'épuisement. Mais elle continue de collaborer avec la résistance, accueillant des messagers télégraphistes dans sa maison. Par son entremise, je fais un stage à la célèbre faïencerie Henriot. GrĂ¢ce à cette Marraine providentielle, je peux voyager à bicyclette dans toute la région de la Basse Bretagne, Penmarc'h, l'anse de la Torche. Durant ces périples, je peux découvrir les « pardons » et suivant le conseil de Méheut « noter » tout ce que je peux sur ces traditions et ces vieux métiers en train de disparaître : pêcheurs en mers, cercliers, ou sabotiers travaillant en pleine forêt...











